Mardi 5 janvier 2010
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Non ! L’identité nationale n’est pas en danger. Plutôt, conviendrait-il d’aborder les rivages bien agités de celle intime, claquemurée parce qu’il y fait
froid, souvent immatérielle parce que seulement pensée, innomée et qui n’est donc pas nationale mais personnelle, localisée, attachée à quelques arpents d’un versant de montagne, du bord d’une
rivière et de la limite communale que l’on nomme : « Notre Histoire ».
A Eze, cette dernière colle non moins intimement aux manifestations de la Foi que l’on peut, sans réduction, pouvoir également intituler : croyances ; à
l’instar des Vieux-Croyants de Russie, Orthodoxes orthodoxes contraints de quitter leur terre, la remuer en la prenant avec eux puis, après avoir subi les attaques conjuguées du Communisme et du
Nazisme, les mêmes par nature, reposer en son sein à la tête de quelques cinq milles « survivants » mais ailleurs.
Avec lui, le Juif, le Tzigane, qui eux aussi sont « partis » - de toutes les façons possibles, hélas - et, ailleurs (toujours cet ailleurs), l’Indien qui
est resté et nous savons comment… et surtout à quel prix.
Tout ceci pour dire qu’à Eze, notre Temple, simple église paroissiale construite de nos mains et des deniers de nos pères qui les avaient recueillis de leurs pères
et avant cela de leurs pères… laissée en déshérence par les Jeunes-Croyants qui pour la fréquenter nous en privèrent pour finir par construire leur propre horreur : cette Chapelle déjà
édifiée et édifiante sur papier glacé et table d’architecte.

Assistant aujourd’hui une nouvelle fois à la lente saponification de sa pierre sous l’écume des jours sombres, en main le ridicule opuscule que voici, nous avons pu
noter la sentence écrite au baromètre bien placé près d’une chapelle jouxtant celle des Figuiera occultée par une méchante crèche sans âme : « Pompe à fric ».
L’auteur de ces lignes anonymes pourrait être l’un des nôtres mais nous sommes innocents de ce « crime » de lèse-majesté, la majesté des nombreux, des
incultes, des pernicieux à la voix haute qui se servent puis desservent, procèdent par symboles faute d’avoir recueilli la quintessence du Livre.
A gauche, l’alibi de l’olivier tricentenaire à l’image du bonzaï qui évitait au pèlerin riche d’Asie le pèlerinage aux pieds de l’Arbre du Bouddha puis, pire
encore, à droite la Croix étalée à la lame d’inox, matériaux de nos éviers de cuisine et, au loin, esquissé – et mal – notre Temple où dorment deux centaines de nos aïeux ainsi que nos
regrets.
Bâtisseurs nous l’étions et si nous souhaitions le devenir à nouveau, plutôt remonterions-nous nos manches pour consolider N.D. de l’Assomption. Quant à l’intitulé
de la nouvelle chapelle, Saint-Joseph, je laisse à nos sapiteurs le soin de trouver de qui, en Italie notre voisine fondatrice, le père terrestre du Christ est le patron.
Si le rédacteur des présentes n’avait pas eu la joie insigne, l’honneur même d’avoir fait toutes ses études secondaires chez les Jésuites, ses toujours maîtres,
puis de recevoir l’onction du Primat des Gaules, ces lignes pourraient paraître teintée d’anticléricalisme. Mais il n’en est rien, bien au contraire alors qu’il n’est de plus insigne service
rendu à la castre des prêtres (et des porteurs de sabres leurs alliés éternels) que de leur dire ce que l’on pense.
Enfin, si la Chapelle Saint-Joseph est le canot de survie, le radeau de la Méduse de ces bien-pensants, alors faisons amende honorable et soyons heureux de voir
notre Foi ébranlée mais ferme s’enfoncer dans la pierre saponifiée pour laquelle nous ne demanderons pas un sou.
Et dire, Chers Lecteurs, que toute cette gesticulation n’est que le résultat d’une politique d’urbanisme téléologique qui fait se prendre pour Malraux le moindre
responsable du cadastre local. Sans oublier ce prurit national de gallicanisme qui va jusqu’à s’étendre à nos communes qui, bientôt, disparaîtront au profit de « métropoles » bien vite
ricanantes devant la bêtise des acteurs de ces réformes aussi superfétatoires que coûteuses.
Grâce à Dieu, nous pouvons toujours aller nous recueillir au cimetière dont la vocation naturelle, à l’inverse de celle de nos églises, est de se remplir…