
Mercredi 21 au jeudi 22, le jour du Seigneur 1788.
Vent au S. Cap à l'OSO 4°S
Est-ce le mal dont il se sent rongé qui le fait ainsi user de cette expression "il giorno del Signore"?
Le capitaine Figuiera commence l'évocation de cette journée en faisant état de l'orage et des éclairs alors que sont état semble devoir le maintenir
bien davantage à l'arrière de son navire, c'est à dire dans sa cabine.
A 8 heures 1/2 du soir, une "bourrasque" surprend tout l'équipage et, note-t-il, leur fournit une bonne quantité d'eau. Mais l'affaire est plus grave
qu'il n'y paraît. Une rafale, nous dit-il, faillit démâter le Piémont, notamment la misaine, ce qui eut été, n'en doutons pas, la fin du voyage.
Alors que ces heures furent si rudes, Luigi pense à un détail qui ferait sourire s'il n'était le signe d'un grand détachement. Point de grandes phrases sur les risques de cette course
lointaine alors que le navire dans son entier est secoué par la tornade, mais une ligne presque grave pour nous expliquer que le vent lui a fait perdre l'un de ses bonnets blancs que,
visiblement, il a l'habitude de porter dans son privé.* En l'occurrence, il se plaint d'un "abominatissimo" mal de tête qui expliquerait bien davantage ce couvre-chef. Philippe Fulconis, le seul
Ezasque du bord, s'empresse d'aller chercher un autre des bonnets de son capitaine et ce dernier déclare qu'il apaise le "feu" qu'il ressent.
* Il est à noter que l'usage masculin du port d'un "bonnet" était commun dans tout le Comté de Nice et le Nord de l'Italie. L'arrière-petit-fils du capitaine devenu Ludovic Figuiera, c'est à dire
Albert Figuiera, lui-même mon arrière grand-père, aura la même habitude.
Latitude observée : N 2° : 2'
Longitude arrivée : 0 19° 14
Route corrigée : S0 4° S
Chemin corrigé : 34 lieues 2/3
Variation N0 12°30'
[Notons que l'avance du Piémont est très aidée par cette succession de "bourrasques" et, qu'ainsi, aujourd'hui il parcourut plus de 34 lieues, ce qui est considérable]




