Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /2008 14:48

En 1985, empruntant le vol inaugural « Pan-Am » de la ligne Nice New-York, je n’ai pas manqué de visiter la tour sud du World Trade Center. C’est alors que ma pensée s’est curieusement dirigée vers Eze. L’altitude, tout d’abord, soit dix mètres de différence en faveur de notre village (427 mètres) et ce sentiment de, disons, pérennité. Certes, le gigantesque complexe n’avait qu’environ treize ans lorsque je me trouvais sur son sommet, mais il dégageait une telle force qu’il eût semblé que rien n’eût jamais pu lui faire perdre de sa superbe.

 

Le WTC, symbole de la puissance de l’avenir, Eze celui du passé.

 

Puis, il advint ce que chacun sait. A l’instar du Titanic et en presque aussi peu de temps, le bâtiment a sombré.

 

Eze relève d’un autre ordre mais sa chute, pour être lente, n’en est pas moins impressionnante. Un sourd martèlement, entendu depuis une vingtaine d’année, fait de termites et doryphores de toutes espèces, sapa doucement sa base marmoréenne, en un mot son assiette. Puis, enfin, ce qui était en bas se trouva en haut ; curieux renversement de la pyramide. Alors vint le temps de la Foule !

 

Il pourrait m’être répondu que dans le second cas, il ne s’agit pas de terrorisme. Peut-être, hormis le fait qu’ainsi qu’il existe un terrorisme « intellectuel », naquit un terrorisme « illétriste », - il ne pouvait être fait ici usage que d’un barbarisme pour un tel sujet !-  un négationnisme honteux rendant suspecte l’évidence et impossible l’administration de la preuve contraire.

 

Ainsi, au plan des nations, le : « Il faut vivre avec son temps » permit à plus d’un salaud, d’un lâche ou d’une crapule, de finir des jours heureux après avoir contemplé, sans mots dire, des barbelés, des pelotons d’exécution ou même pire. Mais aussi moindre, car on en n’est pas moins salaud, lâche ou crapuleux s’agissant de vilénies morales.    

 

Si Eze était au Etats-Unis, sa communauté d’origine aurait été protégée, ménagée, consultée. La loi fédérale elle-même défend le « droit de suite » des autochtones à quelque ethnie qu’ils appartinssent. La loi française qui, nous le savons, n’est appliquée qu’avec parcimonie – surtout à Eze- souffrirait tout de même, quand bien même serait-elle mise en œuvre, de ce syndrome de « l’impasse » qui fait que notre pays s’est toujours peu penché sur ses « Marches » qu’ont été et sont toujours la Bretagne, l’Alsace, le Pays Basque et, bien sûr, le Comté de Nice. Je n’oublie pas la Corse.

 

Tout ceci, simplement, pour affirmer qu’à petites causes grands effets et que si le rythme de la destruction réelle et personnelle d’Eze devait continuer – alors qu’il s’amplifie chaque jour – je ne donne pas cinq ans avant que nous ne soyons devenus un Ground Zero, abattu par l’assaut des vagues du tourisme qui est à l’utilité publique ce que le détournement d’avion est à l’aéronautique.

Par Xavier Cottier - Publié dans : Repères
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Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /2008 15:51



Edition du Washington Post du 28 octobre 1984
Archives Société Muséale Albert Figuiera


Il y a exactement vingt-quatre ans. Le 28 octobre 1984 pour être précis. Le « Washington Post », parangon de ce que devrait toujours être la Presse, publiait un long article sur Eze. Son correspondant, Roger Collis, et rédacteur, y fit une intéressante description du village d’alors, le tout (en première page) orné d’une vue allégorique du village – au demeurant fort agréable -.

 

Lui ayant offert un historique abrégé mais complet de l’histoire d’Eze, Roger Collis l’a retranscrit fidèlement et dans ce style propre à la presse anglo-saxonne, narre-t-il sa journée Ezasque.

 

Je vous soumets quelques extraits de sa prose (nos membres pouvant obtenir copie de l’ensemble de cette livraison) que j’ai rapidement traduits.

 

« L’achèvement de la Moyenne Corniche apporta une nouveau souffle à Monte-Carlo –qui au tournant du siècle n’était pas plus grand que Villefranche et ouvrit l’entière Corniche au tourisme moderne.



« Deux des principaux promoteurs du projet furent le Prince Albert de Monaco et Albert Figuiera, maire d’Eze. L’arrière petit-fils de ce dernier est à l’origine de mes connaissances sur le sujet. Il est un jeune juriste (note du traducteur : jeune je l’étais alors, en effet) qui possède un cabinet immobilier à Eze-Village et vit dans la maison que sa famille occupa ces mille dernières années. »

« Un jour, il n’y a pas si longtemps, nous avons pris l’apéritif sur les remparts d’Eze (note du traducteur : il s’agissait du Château Eza)… maintenant déjeunant sur la terrasse luxuriante de la « Bergerie »… nous sommes tout à l’histoire familiale et locale. Le grand-père du maire Albert Figuiera, était François Malausséna, maire de Nice en 1860, l’année où l’Italie céda la région (de Nice à Menton) à la France. (Note du traducteur : il convient d’y ajouter la Savoie). Il fut un intermédiaire dans le cadre des négociations entre le Roi Victor-Emmanuel et Napoléon III. »

 

Ainsi que me l’avait confié Bruno Ingold, propriétaire de la « Chèvre d’Or » aux mêmes époques : « La meilleure publicité est celle gratuite ». Conseiller du Prince Rainier en matière de Tourisme, c’est lui qui m’avait confié ce mot du Souverain : « Je veux le saucisson et le caviar », voulant ainsi dire qu’il convenait de n’exercer aucun ostracisme social en matière de promotion touristique. Aujourd’hui, nous voyons passer le caviar et le saucisson nous manque. Peut-être, aussi, parce que la presse internationale nous ignore en dépit de la création d’un Office du Tourisme et, pourquoi ne pas le dire, peut-être pour cela même !

 

J’aurais bien du mal à diffuser sur ce blog des articles récents provenant d’organes de presse de la qualité du « Washington Post » et faisant figurer Eze d’une telle manière.

 

Enfin, la question n’est pas ici, tout le monde l’aura compris, la promotion du tourisme. Bien plutôt, s’agit-il du rayonnement d’Eze, qui induirait le succès qu’il a connu jadis. Ecoutant, il y a quelques jours, l’un de nos « décideurs » raisonner sur le renouveau d’Eze, alors qu’il cherchait une solution, j’ai hésité un moment à lui lancer : « Et bien partez ! », mais n’ai pas osé tant il eut été peu charitable de souligner « leur » méconnaissance d’Eze.

Par Xavier Cottier - Publié dans : Véritable actualité
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /2008 23:18


Un homme comme lui ne peut s'appeler Duval, aussi son nom de plume sera-t-il : Lorrain.

    Son nom est rattaché à Eze de façon étrange. Ma grand-mère me conta maintes fois ses rencontres avec l'écrivain. Elle le remarqua alors que s'étant assise à ses côtés il lui sembla sombrer dans le plus grand des sommeils. Un ami à qui elle confia cet extraordinaire fait, lui répondit simplement "Mais vous ne savez pas que Jean boit de l'éther. C'est un éthéromane?"

    L'homme est né malade mais il a aggravé sa peine par tous les abus que la morale réprouvait sur le papier mais contemplait non sans délectation. Il pensa panser les blessures de ses épanchements de toutes sortes en allant dès 1905 dans la région niçoise et fit de nombreuses cures à Peira Cava où le maire d'Eze avait une propriété. Puis, charmant qu'il était, passa par tous les salons littéraires ou ludiques de cette province vers laquelle Paris l'avait exilé.

    Son oeuvre est si marquante de la période qu'il ne s'est jamais vraiment fait oublier alors même qu'alors elle a pu être jugée mineure. Sa richesse ? La décadence. Celle-là même qui fit les très riches heures de la Belle Epoque. Rien ne se fit, rien ne fut vraiment créé mais tout fut transformé.

     L'important est qu'il fût un véritable écrivain et cela il le fut. Ses paradigmes sont souvent empruntés - notamment à d'autres - mais sa poésie est personnelle. Il a la légèreté qui manque à Proust ou à Huysmans mais possède cette profondeur ironique d'un Byron ou d'un Wilde. Il est du temps et cela lui vaut un peu d'oubli.

    Sur Eze, il n'écrivit rien d'inoubliable, précisément, mais cet extrait vaut la peine d'être cité ici.

    "Quand les amandiers seront en fleurs et le bleu du large s'éclaboussera de floconnements roses, qui seront autant de branches de pruniers ou de pêchers, c'est alors que vous sentirez monter des golfes et des promontoires la poésie virgilienne de nos vergers d'oliviers... Ah! la silhouette violâtre du rocher d'Eze, les arabesques d'or de l'Estérel dans le couchant, là-bas, à l'extrémité de la baie des Anges, la nostalgie des voiles latines tachant de rouille l'horizon, et, sur le bloc des môles, cette eurythmie antique, les pieds nus des pêcheurs!..."

Un site à visiter : Association des Amis de Jean Lorrain

Par Xavier Cottier - Publié dans : Visiteurs
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /2008 23:18

Nous nous demandions si, après avoir été "entendus", nous avions été écoutés. Il est plusieurs façons de répliquer à une demande qui n’est pas une quémande. La plus aisée est l’ignorance.

Or il appert que le temps d’Eze s’il change la face de nos paysages ne modifie nullement celle de nos élus.

En effet, après plus de deux semaines, notre proposition la plus minimale n’a pas été satisfaite, soit de voir notre association citée au rang de celles autres ayant vocation à défendre les intérêts de notre communauté, lesquelles autres figurent au site officiel de la Mairie d’Eze. Quid de l’égalité devant le service public, fut-il territorial?

Il est temps d’indiquer à nos lecteurs que par ailleurs nous sommes sollicités par la dite municipalité aux fins de laisser passer les eaux pluviales sur notre propriété après, qu’il y a vingt-neuf ans, une précédente municipalité, l’ait violée et y est placé une évacuation intempestive génératrice de bien des dommages.

Notre famille d’esprit (notre famille tout court), soucieuse de se garantir des preuves pré-constituées, en conserve un p-v de constat lequel sera bientôt publié ici afin de démontrer les méthodes présidant à Eze depuis bien longtemps.

L’ensemble de l’ancien presbytère est (voir notre site officiel et son livre blanc) cédé à l’encan, après avoir été utilisé par l’ancienne municipalité à des fins familiales et népotiques. Aujourd’hui, ce jour dis-je, voilà que les reliefs de ces lieux autrefois vénérés sont transportés qui sur des camions poubelles vers des destinations ignorées ou qui déposés entre les murs de la crypte de l’église d’Eze, toujours plus croulante, et au sein de laquelle repose tous nos aïeux de la fondation d’Eze à l’année 1851. (La famille Figuiera à elle-seule, y compte plus de cent cinquante membres!).

(Photographie prise ce jour le 9 octobre 2008 montrant l'état de la crypte de l'Eglise Paroissiale d'Eze)

Nous indiquons donc à la municipalité qu’il lui faudra trouver d’autres lieux que ceux vraiment Ezasques pour y laisser passer les eaux pluviales et que nous allons agir afin que les lieux municipaux soient affectés à des fins vraiment publiques et d’intérêt de même. Nous donnâmes jadis la Place de la Colette et l’eau à Eze. Que les nouveaux impétrants fasse leur preuve de civisme et, à leur tour, démontrent leur générosité. La nôtre est épuisée.

Nous sommes ici depuis trop longtemps pour nous en laisser conter et notre volonté de poursuivre ce rare cursus nous pousse à rendre publics les errements d’un collège électoral qui a, d’une part, surestimé sa tâche et, de l’autre, présumé de ses forces.

Enfin, soulignons que comme les autorités chargées de la protection des sites, ladite équipe ne dispose, visiblement, ni d’yeux ni de ceux de Google à seule fin de prévenir les constructions illégales qui fleurissent sous nos fenêtres. Ce dernier point n’est pas sans rapport avec la réaction de ce jour qui n’a pour but que de défendre VOS intérêts.

Il était écrit que toute Société historique qui se respecte se doive de garder ses distances d’avec le pouvoir. La nôtre, qui le fit toujours par l’entremise de ses membres, pourtant toujours à l’écoute, poursuit donc son chemin défensif et ne désespère pas de déposer les armes le jour même où les tenants du pouvoir exerceront ce dernier avec dignité, courtoise et bienséance. Nous appelons ce jour de nos voeux et ne désespérons pas de la voir venir.

Entre-temps, nous vous aviserons en temps réel de l’avancée de toute cette mascarade.

 

 Etat actuel d'une partie de l'ancien Presbytère d'Eze. Voir à ce sujet notre Livre Blanc à :

 http://societe-museale-albert-figuiera.org/page2.html

 

Par Xavier Cottier - Publié dans : Véritable actualité
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /2008 13:33



Déjà enfant, alors qu'exceptionnellement je me voyais confier par ma grand-mère le précieux manuscrit pour une lecture rapide, je me posais des questions sur le départ du jeune homme de vingt-trois ans.

Le regard d'homme mûr dont fait montre son buste ne m'en disait pas beaucoup plus. Certes, je recherchais en moi-même ce qui avait pu pousser mon six fois grand-père à quitter le berceau somme toute tranquille d'Eze pour se rendre aux confins du monde connu. Je n'ai toujours pas la réponse mais cela n'a pas grande importance.

De 1788 à 1791, le capitaine du "Piémont", navire commercial de haute mer, rédigea chaque jour le journal du bâtiment qu'il a dirigé pendant près de trois ans. Sur les près de cinquante personnes qui composent l'équipage et les passagers, seulement deux ne reviendront pas de leur course. C'est trop, certes mais c'est bien peu considérant les risques qui présidaient à tout voyage vers le grand Est.

 Il connut une mutinerie, au moins deux tempêtes qui furent prêtes de faire périr le vaisseau en mer, a dû composer avec des nations ennemies, avec au sommet du grand mât le drapeau de Savoie. Il fut jugé par la Révolution puis acquitté en 1791, son identité étrangère le prémunissant contre le "crime" d'émigration. La chance? Non pas. Il sert tout simplement sa communauté et le désintéressement personnel qu'il a démontré pousse les nouveaux maîtres des lieux, qu'ils fussent vêtus du bleu de l'armée d'Italie, porteurs des aigles impériales ou restaurateur de l'ordre Sarde, à le renouveler dans ses fonctions.

A son retour, jeune homme et chef de famille, son père étant mort alors qu'il venait à peine d'arriver à Eze, il peut être considéré comme riche. Pourtant, points d'achats somptuaires mais plutôt s'empressera t-il de renoncer sous une forme ou une autre aux vénalités des charges héritées de l'ordre ancien (son père n'était-il pas bailli comtal?) et qui faisaient le pouvoir des Figuiera depuis le début du XIIIe siècle.

En un mot, il est un homme moderne! Ce n'est qu'aujourd'hui qu'analyses rapides ou études bâclées tentent de faire accroire à une Europe d'alors divisée entre tenants de l'absolutisme royal d'une part et, d'autre part, un aréopage rare mais actif d'hommes de progrès.

L'histoire de France, comme celle d'autres pays en cette fin du XVIIIe siècle, démontre que tout changement vrai trouve son origine dans la lucidité de ceux qui ayant le pouvoir visible y renoncent pour celui plus précieux de la véritable légitimité. Naquit ainsi le temps de la notabilité, facteur d'éradication de la prévarication, du népotisme et de la concussion.

 Jadis, l'on était craint parce que l'on était puissant. En ce XIXe siècle, berceau de la modernité, la collation des grades tient à l'image publique de ceux à qui ils vont être décernés. Une image certes mais conforme au sentiment général, ce dernier étant régulièrement consulté.

L'épreuve de la traversée vers les Indes Orientales et l'Asie l'a préparé à gouverner Eze. Son bosco, Philippe Fulconis bien des années auparavant, lui a démontré sa fidèlité. Ces hommes se connaissent depuis leur enfance, leurs familles depuis des siècles. Ce lien est source d'équilibre mais, aujourd'hui, rompu partout ou presque et surtout à Eze, il n'est de jour où le rédacteur des présentes ne se surprenne à penser que toute personne prétendant aux suffrages des français (ceci est valable sous toutes latitudes) devrait administrer la preuve, au sein de sa communauté, de ce qu'il/elle possède déjà une "oeuvre" l'ayant préparé(e) à "gouverner" cette dernière. Bonaparte eut l'Italie et l'Egypte d'où il revint plus pauvre mais glorieux. Rome à la mort des César rendait compte de leurs fortunes et le testament du plus grand d'entre eux (selon moi), Julius Caius, fut lu par Antoine. Il léguait au peuple de Rome ses jardins près du Tibre et trois cents sesterces par tête. Que l'on rétablisse cette mesure et voilà que la France se trouverait cul par-dessus tête.

Le but de ces quelques lignes est bien plus modeste : témoigner d'histoires simples et parfois héroïques qui, aujourd'hui, ne semblent plus retenir l'attention des foules subjuguées par d'autres lumières.


              Extrait du Journal de Ludovic Figuiera-Archives Société Muséale Albert Figuiera

Par Xavier Cottier - Publié dans : Documents
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /2008 13:23


               Photo Xavier Cottier - Société Muséale Albert Figuiera 2008 - Copyrights -

Eze ne nous échappe jamais longtemps et quand bien même il serait bon de le quitter, son ombre si reconnaissable revient au champ d'un ciel ou d'un horizon.

Par Xavier Cottier - Publié dans : Repères
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /2008 13:13


Nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance de notre première Commission.

Dénommée "Patrimoine & Traditions", elle sera présidée par M. Isidore Aicardi, Ezasque et artisan d'Eze qui, depuis bien longtemps, se soucie des questions que soulève la protection matérielle et immatérielle de notre passé.

           M. Isidore Asso, Président de la Commission "Patrimoine & Traditions"

Vous trouverez ci-après le procès-verbal de l'Assemblée Générale Extraordinaire de notre Association qui a créé ladite Commission et désigné son Président.

Par Xavier Cottier - Publié dans : Le Quotidien
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /2008 12:18

 

Du discours, de la méthode et de ses difficultés…

 

Il n’y a plus d’histoire « locale » ! L’histoire est bien davantage différenciée, de nos jours en tous cas, par ses méthodes que par son sujet d’étude.

 

De fait, si le discours savant perdure – sans, toutefois, qu’il soit autant répercuté qu’il le fut jadis-, la tendance est plutôt à la « vulgarisation ». Notons, au passage, que cette tendance n’est pas qu’historique…

 

Ainsi, est-ce l’oral qui prédomine, ne demeurant dans le genre rédigé que celui de la biographie.


En ce qui concerne Eze, et si l’on fait un bilan objectif, le seul ouvrage consacré à Eze demeure celui de Charles-Alexandre Fighiera. Je ne ferai pas insulte à la mémoire de son auteur en affirmant qu’il fut peu lu et encore bien moins à Eze qu’ailleurs. Le fait est triste mais patent.

 

Les raisons d’un tel fait ? Tout d’abord, semble-t-il, une désaffection du public à l’endroit de « l’histoire vraie ». Le mensonge, lorsqu’il est appliqué à l’histoire, semble alors se revêtir de mille fleurs parfumées qui font oublier les senteurs, déplaisantes à d’aucuns, d’humus, de glèbe et, parfois, de sang. Egalement, et sans doute au premier rang des explications, le Tourisme. Elevé en institution, ainsi qu’il l’est ici et dans maints endroits de la planète, le Tourisme génère son propre discours, égalitaire dans son souci de médiocrité et prétendument démocratique puisqu’il fustige à dessein tout ce qui semble correspondre à une époque d’élévation. Par exemple, il s’agissait de salir le Moyen-Age pour glorifier la Renaissance alors même que si l’on examine ces deux périodes, la première est loin d’égaler en turpitudes la seconde qui, pourtant, demeure sanctifiée.  De même, le discours dominant et touristique sur Eze applique-t-il les mêmes maximes : 1) présenter l’autochtone de façon uniforme, souvent ridicule et conforme à l’image médiévale véhiculée par une « école » historique inepte 2) montrer en quoi le « progrès » - qui, bien sûr, n’a touché l’indigène que bien tard en raison de son inaptitude à le comprendre, changea sa vie, 3) affirmer, si ce n’est prouver, que la manne du natif n’est toujours venue que de l’extérieur, étant constant qu’il ne prit figure humaine que dès lors qu’il s’est fondu dans le nouveau creuset, 4) inventer lorsque l’on ne sait pas, notablement sur la période antique recouverte de la robe d’Isis faute de pouvoir l’étudier par le menu, 5) construire des « légendes » à partir de faits vrais, 6) globaliser la communauté et individualiser l’étranger (i.e. Mr. … fit don de l’eau à Eze, M. … fit construire …. lesquels, après vérification, s’avèrent n’avoir que fait usage de biens communautaires immémoriaux laissés, après cession, à l’usage privatif)...

 

Appliquées à l’histoire mondiale, ces méthodes fonctionnent depuis déjà longtemps et sont la source de la plupart des conflits culturels existants qui, de plus en plus souvent, débouchent sur d’autres plus graves.

 

Mais il est aussi vrai, et plus particulièrement à Eze, que la communauté ainsi visée ne se défend pour ainsi dire jamais ou bien mal. Tout Ezasque de bonne foi qui aurait étudié ces questions de la production historique locale aura constaté bien vite que, hormis un noyau dur et tenu à l’écart, les Ezasques depuis trente ans environ laissèrent de côté la préoccupation de la sauvegarde de leur mémoire.

 

Objets usuels et meubles meublants jetés aux ordures, correspondances et archives brûlées, maisons et terres vendues et mal vendues, voilà le sort presque commun du passé Ezasque. Sans omettre le pillage public : disparition des toiles de David, vol du « trésor » de la Chapelle des Pénitents Blancs dans les années 1980, détournement de l’usage de biens municipaux à des fins privées, délabrement de l’église paroissiale et remplacement de mobilier religieux authentique par de la brocante bon marché, saccage visible des falaises d’Eze (étant constant que l’administration des Sites n’a pas même accès à Google Earth qui, en temps réel, permet de constater de visu ces méfaits irréparables), organisation de « fêtes » prétendant « raviver » les traditions et qui sont autant de mascarades, etc. etc. etc.

 

Le constat est pessimiste. Cela ne veut par dire qu’il n’est plus possible d’agir, bien au contraire. Ainsi, j’avise nos lecteurs que d’ici le 15 octobre 2008, il va être procéder au pavement de la Place de l’Eglise d’Eze (dite « La Frache »). L’administration citée plus haut a donné son aval sans aucune concertation avec les habitants d’Eze. Du bas vers le haut remonte l’argent, du haut vers le bas : le mépris. La question est pourtant simple : était-il urgent de paver la place de l’Eglise alors que cette dernière (classée à l’époque de M. Jacques Lang Ministre de la Culture) dépérit, dévorée qu’elle est par la maladie de la pierre en son tréfonds et visiblement porte en son revêtement de stuc les cicatrices du temps ?

 

Notre Société, voisine du carnage à venir, sera vigilante et vous avisera de l’avancée des « travaux ».

 

Par Xavier Cottier - Publié dans : Véritable actualité
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Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /2008 12:33

 

(Généalogie de la Famille Asso - Ch. A. Fighiera, don de M. Jean Destribats)

Familles d’Eze, homonymie et parrainages….

 

Si les noms d’Eze demeurent majoritaires, il n’est plus qu’un lieu où cette constante immémoriale peut encore être constatée : le cimetière.

 

Les Asso, les Fighiera, Figuiera, May, Noble, Ciocco, etc… peuplent toujours les frontons des caveaux et des tombes, qu’elles fussent de marbre ou de pierre faites, rappelant que d’Eze à Eza, des hommes, des femmes, des enfants édifièrent cet ensemble si monolithique et, néanmoins, si fragile.

 

A ce titre, les rapports entre les Asso et Fighiera/Figuiera sont parlants. La plupart des fratries Ezasques doivent à feu Charles-Alexandre Fighiera d’avoir collationné les archives des uns et des autres et en avoir tiré des généalogies aussi lointaines que précises.

 

Il fit de même pour la famille Asso et c’est à un de ses descendants, M. Jean Destribats, toujours propriétaire à Eze, que je dois ces quelques éléments de généalogie.

 

Il est à noter tout d’abord que non seulement des homonymies sont visibles  entre les « Asso/Asso » (parentèles n’ayant d’autres liens que le patronyme) mais également entre les Fighiera/Figuera (pour les mêmes raisons), mais également convient-il d’ajouter que souvent les prénoms sont les mêmes en raison du parrainage religieux (de nature parfois « politique », au sens Sarde du mot). Ainsi, Bertrand Asso, servant (militairement) au château d’Eze et qui, en cette deuxième moitié du 16eme siècle, voit Bertrand Figuiera (mon aïeul au 12ième degré), alors « syndic » d’Eze, être vraisemblablement son parrain. Au demeurant, « ces » Figuiera, comme « ces » Asso sont-ils tous circonscrits dans le périmètre défensif du château. Les Asso à ses portes, les Figuiera près de la porte principale du village et siège du « conseo » (conseil, qui pouvait se tenir à l’église, dans la chapelle, ou au domicile du syndic, bailli ou capitaine). De même, lors de la génération suivante, Constantin Asso et Constantin Figuiera, contemporains. Plus frappant encore, les deux Ludovic (« Vico » en Ezasque) de la même période, soit Ludovic (qui s’appellera tour à tour Luigi, Ludovico, Ludovic et Louis) Figuiera, maire d’Eze sous la Convention, l’Empire, la Restauration (toutes les restaurations !) et est parrain de Ludovic Asso, né à Eze en 1800.

 

Il échappe, hélas, à nos visiteurs qu’il n’est de semaine où un descendant de l’une ou l’autre famille, ou des Fulconis, Noble, etc. ne refasse le chemin à rebours des parentés, des cousinages, mais aussi des rejets de surgeons, les uns voulant parfois être parents à tout prix. Mais de ceux-ci nous ne parlerons pas.

 

Les Asso-Figuiera, gardiens du château. Belle image et ce d’autant plus que leurs descendants sont amis et souffrent de la même tristesse (qui n’est pas nostalgie) face à la paupérisation des esprits. Si l’ensemble de la gens Ezasque avait eu et était resté dans le même esprit, nul doute que la nécessité de notre Société ne se serait pas fait sentir aussi fortement, cela dit sans polémique quoique, après tout, cette dernière est digne,  s’agissant avant tout d’intérêts moraux et juridiquement protégés.

 

 

Par Xavier Cottier - Publié dans : Documents
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /2008 15:11
MAISON EZE sélectionné dans Actualité et Actu France
Par Xavier Cottier - Publié dans : Repères
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