SOCIETE MUSEALE ALBERT FIGUIERA
Une semaine consacrée à des clichés que nous avons pris à Eze et autour d'Eze. Autant de signes d'espérance que l'on ne peut vraiment trouver que dans la
contemplation
.

Pratiquant le réseau Internet depuis plus de quinze années et à Eze (au temps des modems difficiles et capricieux), adepte de l'écrit quelque fût
son support, il est à noter de nombreuses dérives récentes et inquiétantes.
"Facebook", dernière innovation du monde des sapiteurs ignares, réunit sur Eze tout ce qu'il ne fallait pas faire : l'égocentrisme, le narcissisme et la flatterie.
Hommes dits politiques, particuliers très particuliers, chercheurs sans quêtes et groupes de pression s'y retrouvent, certains qu'ils sont de n'y rencontrer que leurs semblables. En effet, à qui
viendrait l'idée saugrenue de vouloir lutter contre l'immense marée des idées reçues et des poncifs?
De la "fesse" vous en trouverez, sous toutes ses formes et à toutes fins inutiles. Du bouc, l'émissaire : la cible des attaques pernicieuses et entendues. Parfois même, cet animal totem des gens
obscurs qui aiment la lumière et plaident le faux pour lui donner un semblant de vérité.
"Ils" sont tous amis, potes, copains; se connaissent tous, se pratiquent et s'adulent. "Ils'" ont leur langages, faute de pouvoir parler leur langue sans fautes, aussi leurs rites et croyances.
"Ils" admonestent, fulminent et, souvent, faute d'avoir pu exercer leur entrisme sur la presse parisienne, font rougeoyer leurs fers à la chaleur du papier brûlant qu'ils ont eux-mêmes fait
imprimer dans leurs propres officines.
Facebook est à la relation humaine ce que Wikipedia est à la culture : le symbole d'une époque foutue parce que donneuse de leçons. Pire! Ils sont une référence : la leur.
L'Internet, révolution de la pensée lorsqu'elle a créé Gallica ou la publication en ligne des archives de notre Peuple, sombre à son corps défendant dans la dégoulinante purée des biens-
dépensant.
Notre site n'a d'autre prétention que de s'écarter de cette tribu faute d'avoir pu s'épargner ses vociférations.
Disparu le torrent d'Eza figurant à l'ouvrage de Vattier d'Ambroyse de 1889 alors que jeudi dernier notre pays se figeant sous la neige nous avons dû faire cette
montée pénible de Nietzsche, laissés par le bus de Nice et la navette d'Eze.
C'est alors que l'on se félicite d'être Ezasque et d'avoir hérité d'un jarret montagnard et décidé.
Une seule remarque. L'ancienne municipalité nous a vendus à Nice pour rien puisque s'agissant de transports ceux-ci et les pouvoirs publics leurs maîtres ne nous laissent au pied de notre
montagne magique sans autre réconfort que celui d'être plus sûrs que jamais du bien-fondé de nos doutes quant à leur réelle volonté de gouverner pour les habitants. Le visiteur, lui, à
l'instar de ceux de la Croix Rouge en de périodes bien plus adverses, n'aura rien vu et, me lisant, trouvera que vraiment ces "indiens" sont bien ingrats.
Car enfin, qu'est-ce qu'un lieu touristique en 2010 celui d'où l'on ne peut sortir sans le risque de ne pouvoir y retourner? Une réserve. Oui, c'est bien cela, une réserve. Mais nous
avons vaincu l'adversité des indolents, de l'imprévoyance et de la cupidité en utilisant nos jambes comme, jadis, d'autres votèrent avec leurs pieds. A cette seule différence près. Nous sommes
retournés à Eze, sous la neige, à pied et y resterons quelque soit le temps qui y règne.
Ayant assisté à quelques séismes et incendies, la place était comme elle le fut jeudi : vidée mais si sereine de voir les marchands du temple ne montrant plus leurs tristes visages avides.
Une fois le soleil revenu, nous devrons aller à Peira Cava pour jouir de la même sérénité philosophique et nous arrêter en cet autre lieu oublié.
J'attends donc avec empressement l'édito du "Petit Niçois" évoquant la neige de jeudi.
Côte d'azur. (Octobre 1887.)- Quantin (Paris) -
1887
Tirée de l'ouvrage de Stephen Liegard, malheureux auteur de l'expression "Côte d'Azur" mais bon rassembleur des souvenirs du Comté, cette vue d'Eze vue de "la
Nouvelle Route".
Plus tard, sous l'objectif de votre serviteur, la même vue. La route est moins "nouvelle", le village de même et, au-delà, ce monde qui change sans nous. Il demeure
admirable quand bien même nous savons que nous le quittons de notre vivant à la différence de nos pères.
Pourtant, point de regrets puisque nous, nous
dis-je bien, y serons inhumés; en ce séjour même qui, sans que cela fût vraiment déclaré, nous est envié car pour dernier qu'il apparaît, il est le premier sur la liste des indigènes qui
résistent à la vague, minable tsunami!
Edward Lear (1812-1888)
Eza, France
Ink and watercolour on paper
width: 23.3 cm, height: 15.6 cm
A castle is perched dramatically on a rocky crag on the coast at Eza, in the south of France. Edward Lear made very frequent and lengthy journeys abroad, and painted hundreds of watercolour
views. This scene is painted on greyish paper, and opaque white watercolour has been used for highlights in the sky and a tree in the foreground. Blue has faded from the sky. The outlines are
drawn in ink, and Lear has drawn diagonal lines to establish shadow, as well as washing in colour shading.
TWCMS:B8022 itfa0101.mdf (Fine Art, watercolours, Laing)

Le site officiel de la municipalité d'Eze, publiant la délibération du 4 février 2003, nous annonçait le financement d'un film culturel et de
promotion touristique consacré aux chemins d'Eze...
L'entreprise est proposée par l'adjointe à la culture, fille du maire d'alors et fut ratifiée moyennant un budget prévisionnel de 20.000 euros, financés par la commune.
L'Office du Tourisme semble dessaisi du projet et sa maîtrise d'oeuvre confiée à l'entreprise SAMIPA de Monaco, spécialiste des reportages sportifs.
Cette nouvelle me permet de vous confier mon point de vue quant à ce type de promotion.
Tout lieu célèbre ou, mieux, célébré, jouit de ce statut finalement rare dans le monde en raison de l'unanimité qui s'est faite autour de lui. Cela commença avec les Sept Merveilles du Monde et
le voyage d'Hérodote. Puis, les échanges s'intensifiant, des voyageurs comme Marco Polo et bien d'autres ensuite, firent le récit de ce qu'ils virent, insufflant chez leur auditoire ou lectorat
l'impérieuse envie de s'y rendre.
Puis, une fois cette reconnaissance acquise, c'est tout naturellement que ledit lieu se mute en passage obligé auquel écrivains, peintres et tous artistes en général consacrent une ligne ou un ouvrage ou quelque oeuvre que ce soit.
Ce site a pu démontrer qu'Eze était célèbre et célébré depuis bien longtemps. Pour dater cet engouement, je dirais qu'il remonte au Rattachement du Comté de Nice à la France.
Les articles consacrés à Eze sont légions et j'en ai cités quelques uns. Des films y ont été tournés. Toutes ces manifestations d'une unanimité admirative ont un point commun : cette "publicité" était gratuite.
De même, si j'abondais dans le sens de ceux, trop nombreux à mon goût, qui voient notre village comme étant un "produit" - ce qui n'est nullement le cas - je leur dirais qu'ils se trompent de "marketing". Les lieux non pas les PLUS mais les MIEUX visités (l'un et l'autre s'accordant en règle générale) n'ont pas à diffuser l'information comme quoi il convient de s'y arrêter. Venise, Paris, le Mont Saint Michel, New York, Saint-Paul de Vence, Saint Petersbourg, etc - et j'en oublie!- ne se vendent pas; ils sont "hyperbookés" pour reprendre le vrai jargon de la fausse efficacité contemporaine.
Les grandes médias mondiaux dont la presse écrite, les écrivains à succès et les acteurs de même, s'ils trouvaient ici ce qui les fait aller ailleurs n'auraient pas cessés depuis plus de vingt ans de consacrer de l'espace à Eze. Ce qu'ils recherchent : tout simplement des histoires et vrais s'il est possible.
Des histoires? Celles des gens, là aussi tout simplement. Mais la difficulté est bien celle-ci : les passants se multiplient, les habitants se raréfient. Que les efforts soient plutôt consacrés à cet appel à la vie et nul besoin alors de solder des équipes de thuriféraires. Nul besoin alors d'organiser des "happening" saisonniers (toujours estivaux) - qui ont pour seul mérite de faire travailler les intermittents du spectacle - mais faisons que la fête sourde à nouveau de chaque pierre habitée.
Heureux le temps où les lieux publics étaient privés : les ateliers d'artistes, les cafés et salons de thé, les domiciles ouverts des habitants d'Eze, les échoppes où l'on se rencontre. Malheureux le temps où les lieux privés deviennent publics....
Un de nos visiteurs eut cette phrase qui a le mérite d'être formulée en termes intelligibles "Mais dites-moi, chez vous il faut payer pour garer sa voiture, pour "pisser" (je ne tronque jamais aucune citation), pour aller voir la vue du jardin exotique, mais où est-ce qu'on va s'arrêter?"
Pas assez intelligible sans doute aux oreilles de ceux qui n'écoutent plus.
La bonne nouvelle est et demeure que le film ne vit jamais le jour et que la municipalité qui en eut l'idée fut défaite lors des dernières élections. Mauvaise nouvelle? Les jours se suivent et se
ressemblent...
DU CAP DE BONNE ESPERANCE...
Jeudi 17 au vendredi 18 juillet1788.
Vent au SO, variable au N. Très fort. O. Cap à l'ESE.
A 8 heures du matin, la vigie signale un bâtiment à l'OSO, faisant la même route que le Piémont, soit à l'EE. La mer est grosse et la vitesse du navire est de 4 à 6 miles aujourd'hui.
Nul doute que la vue de cet alter ego aura rassuré chacun. Quant au marin Ferran, il semble être toujours aux fers.
Latitude observée : S 34° 13'
Longitude arrivée : E 32° 4'
Route corrigée : E1/4NE 30°N
Chemin corrigé : 43 lieues 1/3
Variation N0 28°
Vendredi 18 à samedi 19 juillet 1788
Vent à l'ONO. Petit vent. Route à l'ESE.
A 3 heures 1/2 de l'après-midi, le Piémont croise à nouveau le bâtiment précédemment cité. Le capitaine nous explique qu'il lui a "parlé". Ce navire est Français. Il demande au Piémont d'où il est parti, or le Luigi Fighiera - après avoir fait hisser le drapeau de SM le Roi de Sardaigne - indique qu'ils viennent de "Nizza",* puis ont relâché à Cadix qu'ils quittèrent le 16 avril. Il lui est répondu qu'ils viennent d'Orient, d'où ils ont partis le 4 mars et que, quant à eux, avaient relâché au Cap de Bonne Espérance où ils demeurèrent 8 jours. Nous connaissons le nom du commandant du bâtiment Français : Stel (sic).
La rencontre semble avoir été longue. Imaginons ces deux vaisseaux, bords à bords, conversant notamment sur le méridien de Paris, le Piémont ayant estimé sa position à 32° 4' de celui-ci et le bâtiment Français à 30° 20'. Voilà que, sans doute, il va falloir tout calculer à nouveau!
Le navire "étranger" se dirige vers l'Ile de France (l'Ile Maurice aujourd'hui) et le capitaine Fighiera note sans autres commentaires : "nous avons vu 3 femmes à bord". Le seul fait de l'avoir
remarqué semble indiquer un certain étonnement de sa part. Un peu de curiosité également.
Pour la première fois depuis des mois, le capitaine Ezasque peut échanger quelques mots avec des étrangers. Tout démontre que cela est fort à son goût. Les trois silhouettes entre aperçues sur le pont sont-elles également la raison pour laquelle cette "conversation" s'éternise.
Le capitaine Stel nous dévoile enfin le nom de son navire : la Garonne.
Il peut s'agir de la série des "Garonne", une flûte de 24 canons.
Mais l'important réside dans le fait que son capitaine fournit au Piémont d'intéressantes nouvelles d'Europe. Inquiétantes aussi. "Bientôt il va y avoir la guerre entre les Français et les Anglais." Voilà, visiblement, qui ne va pas faciliter l'objet de l'expédition : le commerce.
Comme il est d'usage, la mauvaise nouvelle est accompagnée d'une autre qui, elle, est salutaire. Les Hollandais viennent de découvrir un banc de sable sous la latitude de 33° S et la longitude de
43°, méridien de Paris. La découverte date en fait de 8 mois. Les deux capitaines se congratulent, notamment celui du Piémont qui remercie son homologue Français car la passe aurait pu être
fatale à son vaisseau comme elle le fut à d'autres.
A son tour, le capitaine Figuiera signale à celui de la Garonne que le 8 mai dernier, "sous la ligne", il a pu observer le vaisseau dénommé "Bagatelle", bâtiment parti de Marseille avant lui
A 8 heures du soir, un autre bâtiment est en vue. Les lieux sont fréquentés. Voilà qui augure bien de la seconde partie de cette quête des Indes.
En joie, visiblement, le capitaine lève les fers du marin Ferran au motif annoncé qu'il fait chaud "nonobstant qu'en ces parages il devrait faire froid...".
* Ce qui semblerait indiquer que le Piémont est parti du port de Nice ou de Villefranche. A moins que cette mention ne soit le fruit, bien compréhensible, d'un désir du capitaine d'affirmer son appartenance comtale, c'est à dire Niçoise.
Latitude observée : S 34° 23'
Longitude arrivée : E 33° 38'
Route corrigée : E1/4 SE 4°E
Chemin corrigé : 26 lieues
Variation N0 28°38'